Voyage 2: Le mont Mulanje!

L’un des buts connexes que je m’étais fixé avant de partir pour l’Afrique était de découvrir et d’explorer ce petit pays bien discret qu’est le Malawi (aussi surnommé « The Warm Heart of Africa»).

La fin de semaine dernière, j’ai eu la chance d’apprécier le très escarpé Mont Mulanje. Il s’agit du plus haut sommet du Malawi (3002m).

Initialement, j’avais prévu de me promener dans le Nord du pays afin de minimiser mon temps de déplacement qui est non-négligeable en Afrique. Le mont Mulanje n’était plus trop dans mes plans, car il est situé au Sud-Est du pays près de la frontière du Mozambique. Cependant, étant donné qu’une partie de l’équipe de WatSan avait planifié d’aller faire son ascension, je me suis joints à eux et ai accepté de faire un gros tour d’autobus.

Notre aventure devait s’étaler sur trois jours. Deux pour monter et puis un pour descendre. Nous avons réservé un petit chalet sur le plateau à mi-chemin du sommet et nous avions deux porteurs et un guide pour nous aider à monter. Tous les ingrédients y étaient pour que l’on accomplisse notre objectif qui était d’atteindre le sommet. Tous sauf un… la météo.

Étant donné que je n’ai connu qu’une seule journée de pluie depuis mon arrivée en septembre, j’avais oublié que la pluie existait. Bien évidemment, il a fallu que mes 2e, 3e et 4e journées de pluie au Malawi surviennent durant notre ascension du Mont Mulanje. On peut appeler ça de la malchance! Il faut dire cependant que la saison des pluies est plus hâtive dans la région du Sud que du Nord. Conséquemment, il nous a été impossible d’attendre le sommet. C’est une fois après avoir atteint notre chalet que notre guide nous l’a fortement déconseillé. La deuxième section du trajet était encore plus à pic que la première et les rochers trop glissants. En plus, il nous restait une dizaine d’heure à marcher.

Nous avons tout de même eu beaucoup de plaisir! Au lieu de grimper au sommet durant la deuxième journée, nous avons faits quelques petites redonnées autour. Nous nous sommes permis quelques folies. Voici quelques photos!

JP et Hernie (la voiture) devant le Mont Mulanje

JP et Hernie (la voiture) devant le Mont Mulanje

Le Blanc qui fait son show devant une cinquantaine d’élèves du secondaire en sortie.

Le Blanc qui fait son show devant une cinquantaine d’élèves du secondaire en sortie.

 

En pleine ascension. Ca ne paraît pas trop sur la photo, mais nous étions complètement épuisés. Nous devions nous dépêcher de traverser 3 ruisseaux le plus vite possible avant que pluie ne tombe. Lorsqu’il pleut, le courant devient trop fort et il est impossible de traverser. Nous n’avions pas trop envie de rester coincés entre deux rivières.

En pleine ascension. Ca ne paraît pas trop sur la photo, mais nous étions complètement épuisés. Nous devions nous dépêcher de traverser 3 ruisseaux le plus vite possible avant que pluie ne tombe. Lorsqu’il pleut, le courant devient trop fort et il est impossible de traverser. Nous n’avions pas trop envie de rester coincés entre deux rivières.

La vue que nous avions de notre chalet

La vue que nous avions de notre chalet

Je m'en vais me cacher!

Je m’en vais me cacher!

 

Trouvez-moi maintenant!

Trouvez-moi maintenant!

 

Le plateau sur lequel nous avons dû rester lors de la seconde journée à cause la pluie durant le nuit. Pas si mal quand même!

Le plateau sur lequel nous avons dû rester lors de la seconde journée à cause la pluie durant le nuit. Pas si mal quand même!

Anthony et moi en pleine conversation métaphysique

Anthony et moi en pleine conversation métaphysique

 

Une de nos techniques : le totem anti-cumulonimbus ! Nous avons eu droit à un bel après-midi ensoleillé.

Une de nos techniques : le totem anti-cumulonimbus ! Nous avons eu droit à un bel après-midi ensoleillé.

En spectacle près de chez vous bientôt!

En spectacle près de chez vous bientôt!

 

Petite mise-à-jour

J’aurais aimé être en mesure de communiquer plus régulièrement avec vous, mais mon travail ici me tient pas mal occupé. La conséquence de ça est que vous allez tous devoir prendre une bière en ma compagnie afin que je vous raconte mes péripéties. Toutefois, je vais faire un effort d’ici mon retour pour vous tenir davantage au courant.

Pour me faire pardonner et vous remettre à jour, je vais vous partager une liste d’activités incroyables que j’ai faites au cours des dernières semaines.

1- Assister à un mariage royal : Oui, oui! Un mariage royal! Le fils du chef de la région s’est marié avec ma voisine ici à Mtwalo. La journée a débuté par une cérémonie dans une église pas de toit en plein dans la brousse. Je suis arrivé en retard (question de me faire remarquer encore plus) et comme ci ce n’était pas assez, dès que l’on m’a aperçu, on m’a demandé de prendre place à l’arrière du curé entre les deux serveurs de messe. Si vous me demandez quelle est  la différence majeure entre un mariage au Canada et un mariage au Malawi, je vous répondrai que c’est l’ambiance. Nos chants de messe à nous sont lents et tristes alors que les leurs sont rythmés et joyeux. Résultats : tout le monde incluant le curé dansent pendant deux heures. Je vous rappelle  que j’étais en face de tout le monde et que j’étais de loin le pire danseur de la salle… Ingénieurs sans frontières m’avait dit que ce stage allait me sortir de ma zone de confort. Ils avaient raison! Je me suis même ramassé dans la même boîte de pick-up que les mariés en revenant au village… Avec les rubans, les klaxons et tout ce qui vient avec…

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2- Passer quelques soirées au «Night Club» de mon village : Trois mois dans un village, c’est relativement court pour avoir le temps de développer des bonnes relations d’amitié avec les gens. Une façon que j’ai trouvée pour accélérer le processus est d’aller dans le seul bar de mon village la fin de semaine.  En commençant à parler à des nouvelles personnes, j’ai réalisé que tout le monde dans le village me connaissaient. Ils savent tous mon nom, mon âge, le type de travail que je fais ainsi que ce que je fais pendant mes jours de vacances… Je suis non seulement la plus grosse attraction visuelle du village, mais aussi le sujet de conversation #1 depuis deux mois.

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3- Faire du «cliff jumping»: Lors de notre réunion d’équipe à Senga Bay, nous avons payé des mecs pour qu’ils nous amènent près d’un gros rocher que l’on pouvait voir à quelques kilomètres au milieu du lac Malawi avec leur bateau de pêche. Le rocher dépassait d’une dizaine de mètres de la surface de l’eau. Nous avons passé près de deux heures à essayer de le grimper pour finalement réussir à se lancer à l’eau avec toute la grâce d’Alexandre Despatie. En passant c’est quand même cool de faire de l’escalade sans aucun autre équipement qu’un costume de bain. En tombant, il n’y avait aucun risque de se blesser, car on atterrit directement dans l’eau.

Il est possible de voir l’île à côté de laquelle se trouvait le rocher d’où on a sauté en arrière plan de notre photo d’équipe à l’Halloween. (Bien cachée derrière le buisson)

Je n’avais pas bien compris le concept de la photo. Je croyais qu’il fallait avoir l’air stupide… Je vais mettre ça sur la faute de l’anglais. Je ne comprends pas tout encore…

Je n’avais pas bien compris le concept de la photo. Je croyais qu’il fallait avoir l’air stupide… Je vais mettre ça sur la faute du langage. Je ne comprends pas tout encore en anglais…Haha

Voyage 1: Nkhata Bay!

Me voilà maintenant frais et dispo pour la suite de mon stage après un court séjour dans l’un des endroits les plus paradisiaques du Malawi, Nkhata Bay! Pourtant, je ne suis pas allé bien loin de l’endroit où j’habite. Je n’ai eu qu’à faire une heure de route dans un taxi (avec huit autres personnes) pour me rendre sur la côte du magnifique lac Malawi!

Mayoka Village - Un petit paradis!

Mayoka Village – Un petit paradis!

J’étais très heureux et un peu déçu à la fois d’aller dans un endroit comme celui-là sans pouvoir me baigner. La raison pour cela est que le meilleur médecin spécialisé en maladie tropicales au Canada nous avait mentionné à notre formation pré-départ à Toronto qu’il existe un parasite présent à peu près dans tous les étendues d’eau stagnants en Afrique. Ce parasite, nommé Bilharzia, reste collé sur la peau et pénètre le corps pour éventuellement se frayer un chemin vers les intestins. Cependant, cette petite bibitte là peut prendre jusqu’à 6 mois pour se rendre aux intestins. Si aucun traitement n’est administré, il est possible d’en mourir!

Sauf qu’une fois arrivé à destination, j’ai été ébahi par la beauté de l’endroit et n’ai pas su résister à l’envoutement du lac Malawi.  Je n’ai pas eu d’autres choix que de «me pitcher» dans le lac aussitôt arrivé. Je me suis baigné à plusieurs occasions par la suite, c’est-à-dire aux 20 minutes… Le fait qu’il faisait +1000 degrés n’aidait pas non plus, il faut dire! Il fait bien plus chaud à Nkhata Bay qu’à Mzuzu, car cette dernière est plus haute en altitude.

Tout ça pour dire que mes chances d’avoir le parasite à l’intérieur de moi sont bien réelles! Bon ça y est, j’ai fait peur à ma mère! Ne t’inquiète pas, il existe un médicament préventif qui tue instantanément toutes traces du parasite. Je vais me le procurer avant de revenir au Québec.

J’ai profité de ces petites vacances pour relaxer, lire et rencontrer des volontaires basés à différents endroits au Malawi un peu comme moi! J’ai toujours pensé que les opportunités de carrières en développement international étaient peu nombreuses. Sauf que depuis que je suis arrivé, je rencontre des gens de différents pays qui participent à toutes sortes de projets super intéressants.

J’ai aussi sauté d’une falaise, fait du kayak de mer, trouvé un bébé singe et me suis fait une vingtaine de nouveaux amis du Malawi. Tous des Rastaman! Je remercie mon t-shirt de Bob Marley qui agissait comme un «Rastaman Magnet».

Ils sont bien sympathiques malgré le fait qu’ils veulent tous vendre des objets taillés dans le bois aux nombreux Occidentaux qui passent dans le coin. J’en ai rencontré un plus particulièrement qui était différent des autres, Calvin. D’abord, il ne me demandait pas d’acheter ses trucs à chaque fois que je passais devant son kiosque. Et ensuite, parce qu’il s’est mis à me parler qu’il est intéressé à améliorer les conditions d’hygiène horribles à Nkhata Bay. Les gens se servent du Lac Malawi comme ils se servent d’une poubelle ou d’une toilette. Heureusement qu’il y a certaines personnes qui constatent ce que la ville lui fait subir malgré tous les bienfaits qu’un étendu d’eau du genre puisse apporter!

Ce sont eux qui ont trouvé le singe sur le bord du lac.

Ce sont eux qui ont trouvé le singe sur le bord du lac.

Une virée en kayak avec mon nouvel ami allemand Soren!

Une virée en kayak avec mon nouvel ami allemand Soren!

Calvin à qui j'ai tout de même acheté quelques souvenirs!

Calvin à qui j’ai tout de même acheté quelques souvenirs!

Je ne peux pas m'enpêcher de mettre des photos du singe!

Je ne peux pas m’enpêcher de mettre des photos du singe!

Poubelle, déchets et recyclage!

Comme j’ai pu le constater depuis que je vis au Malawi, il est inévitable que nos valeurs environnementales en prennent un coup!

Même si je m’y attendais, il n’y a pas de système de recyclage dans le pays. Je m’en suis aperçu dès que j’ai mis les pieds dans le bureau d’ingénieurs Sans Frontières à Lilongwe.  Il n’y avait qu’une poubelle. C’est alors que je me suis dit que si Ingénieurs sans frontières ne recyclait pas, c’était sans doute parce qu’il était impossible de le faire! Après un mois, je ne m’y suis toujours pas habitué. Ça me fend toujours le cœur de jeter une belle boîte de céréales aux poubelles. J’en connais plusieurs qui accumuleraient toutes formes de papier et de carton dans leur valise pour pouvoir les recycler convenablement  au Canada… Et ce au détriment de leurs propres affaires qu’ils offriraient à des gens dans le besoin. (Je vous admire en passant, car je n’en suis pas rendu là!)

S’il n’y a pas de système de recyclage, ne vous imaginez tout de même pas qu’il y a un système de récupération des ordures. Non. Chaque maison a leur poubelle et une fois par semaine, il mette tout en tas dans le champ et y mette le feu (que ce soit en ville ou en milieu rural). En plus, le vent emporte souvent au loin les sacs de plastique et les trucs du genre. Il y a des déchets partout.

En ville, la semaine dernière, alors que je résidais dans un genre d’auberge sur le terrain d’une église, on m’a dit de jeter mes déchets dans la rue et que quelqu’un allait les ramasser et les brûler. What?

Voici où j'ai dû jeter mes déchets!

Je ne vous parle même pas de tout ce que les gens peuvent jeter par la fenêtre des autobus. (Boîte de biscuit, carte d’appel pour cellulaires, etc.)

Mais bon, on ne peut pas les blâmer. Il est tout à fait normal que le gouvernement et les organisations internationales ne mettent pas la priorité sur l’environnement quand une grande partie de la population vit toujours sous le seuil d’extrême pauvreté et qu’ils peinent à se nourrir chaque jour…

Pour terminer sur une bonne note, les gens au Malawi recyclent n’importe quel objet qu’ils peuvent trouver.  N’importe quelle composante électronique, pièces de vêtements, etc. vont débuter leur deuxième, voire troisième vie dans les marchés. Tout ce que l’on peut y trouver est usagé, mais tout est utilisable. J’ai dû me trouver des habits propres pour le travail et je n’ai payé que quelques dollars.

Lorsque l’Afrique sortira de la pauvreté et que leur système d’éducation sera de meilleure qualité, il ne suffira que d’espérer qu’ils ne feront pas la même gaffe que les Occidentaux et qu’ils valiseront ce qu’ils font actuellement : ne pas acheter que du neuf, mais de réutiliser ce qui est réutilisable!

 

Problèmes fréquents au Malawi

Comme je vous l’ai expliqué dans l’un de mes billets précédents, j’essaie de mettre en place un processus de vérification efficace pour savoir si les gens dans les villages respectent certains critères d’hygiène de base (utilisation d’une toilette, d’une station pour se laver les mains, etc.) Ce processus de vérification qui sera implanté de manière permanente («changement systémique» pour mes amis d’ISF qui lisent ce blog) a pour but de pouvoir suivre le progrès effectué par les différents villages et de pouvoir leur offrir de l’information, de l’encouragement et du support technique.

Jusqu’à maintenant je fais face à des problèmes auxquels je n’ai jamais eus à faire face dans les emplois ou les stages que j’ai occupés auparavant au Canada. (Habituellement, je dis «Québec», mais je me suis habitué à dire «Canada» depuis que les gens au Malawi me demandent d’où je viens. Certains pensent même que le Canada est un état des États-Unis, alors vous comprendrez pourquoi je ne mentionne même pas le mot «Québec».)

Voici quelques problèmes rencontrés :

Premier problème : Ce sont des leaders des différents villages qui ont la responsabilité de visiter chacune des maisons à tous les mois pour faire la collecte de données. Depuis mon arrivée au centre de santé dans lequel je travaille, je me demandais pourquoi je n’avais aucune donnée pour certains villages. J’ai appris tout récemment que les leaders n’ont pas de feuilles de papiers pour écrire les données… Et même au centre de santé, nous n’avons que 7-8 feuilles froissées et 3-4 crayons qui ne fonctionnement plus ou moins… Alors, impossible de les aider.

Deuxième problème : Au Québec, c’est très rapide d’informer un très grand nombre de gens rapidement (au travail, les emails sont utilisés et sinon il y a facebook ou le téléphone). Mais, ici en Afrique, quand vient le temps de coordonner les différents acteurs afin de m’assurer de recevoir les données pour une date bien précise, c’est très difficile. Les gens ont tous des cellulaires, mais ou bien il n’y a pas de réseau ou bien ils n’ont pas de « talk time » sur leurs téléphones. Alors, ça prend une semaine pour informer tout le monde et une fois rendu au vendredi, l’information a changé et il est nécessaire d’informer à nouveau ceux que l’on a contactés ou rencontrés le lundi…

Combien de personnes peut-on faire entrer dans une voiture?

Je prends régulièrement un taxi qui fait des allers-retours entre la ville de Mzuzu et mon village. Ici, les bus ou les taxis ne partent pas tant et aussi longtemps qu’ils ne sont pas pleins. Donc, sur l’horaire, il peut être indiqué qu’un bus part à 8h, mais il peut bien attendre jusqu’à 10h à la station.

Samedi dernier, je suis monté dans un taxi sur la banquette arrière. Je ne m’attendais pas à ce que l’on parte tout de suite étant donné qu’il restait deux places vacantes à mes côtés. Les deux places en question se sont remplies assez vite sauf que le conducteur ne semblait pas vouloir partir… C’est alors qu’une personne de plus est venue s’installer sur la banquette arrière,  une autre sur le siège passager en avant ainsi qu’une troisième, debout, à l’endroit où sont posés mes pieds. Tout ça dans une voiture qui devait avoir mon âge!

Inutile de vous décrire l'état des bananes qui étaient dans mon sac à dos!

Inutile de vous décrire l’état des bananes qui étaient dans mon sac à dos!

 

Nous avons finalement pris la route jusqu’à ce que je remarque ça :

Par certain que c'est bon pour la voiture ça...

Par certain que c’est bon pour la voiture ça…

Deux personnes dans le coffre arrière!!! Heureusement qu’ils ne descendaient que quelques kilomètres plus loin. Sauf qu’aussitôt qu’ils eurent quittés (je n’utilise jamais ce temps de verbe), une autre personne est montée entre les cuisses du conducteur.

Bref, la réponse à la question est qu’il est possible de faire entrer 10 personnes dans une voiture! Je vous tiens au courant! Je suis convaincu que ce record sera battu d’ici trois mois! Ciao!

Mon quotidien pour les prochains mois

Me voilà sorti du rythme effréné de la capitale Lilongwe ainsi que de la plus grande ville du Nord du pays, Mzuzu. J’aurai toutefois l’occasion de retourner dans ses deux villes assez régulièrement au fil de l’automne. Dans la première, je participerai à quelques réunions d’équipe d’Ingénieurs sans frontières et dans la deuxième, je fréquenterai un peu tous les recoins puisque le village dans lequel je réside actuellement se situe à moins d’une heure de transport. (1 heure dans une boîte de pick-up avec 25 personnes, 4 poules, 2 chèvres et des poches de maïs, c’est long et inconfortable)

La vraie savane africaine

La vraie savane africaine!

Cela fait près d’une semaine qu’une famille m’a accueillie dans leur charmante petite maison à Mtwalo. J’habite avec le responsable de l’hôpital dans lequel je travaille, Mr Obrein Mhone. En plus d’habiter dans la même maison et de travailler dans le même endroit, nous partageons le même bureau de travail et nous dînons seuls sur la même table. (Les enfants et sa femme mangent dans la cuisine ou dehors. Je ne sais pas trop si c’est toujours comme ça ou si c’est seulement dû à la présence d’un invité dans la maison).  Je le vois donc très souvent. Pour l’instant, nous nous entendons très bien. J’espère juste que ça va se prolonger jusqu’en décembre parce qu’on n’a pas fini de se voir!

Je vis aussi avec sa femme ainsi que leurs cinq enfants âgés de 9 à 17 ans. Je vous présenterai un peu plus tard chacun des membres de ma famille lorsque je me sentirai plus à l’aise de prendre des photos d’eux sur la coche.

Pour l’instant, voici quelques images de mon quotidien! On dit qu’une image vaut mille mots! Alors…

La maison des Mohne (et la mienne jusqu'en décembre)

La maison des Mohne (et la mienne jusqu’en décembre)

Set-up parfait!

Set-up parfait

 

Aucune défécation extérieure!

À première vue, ce titre semble étrange pour la plupart d’entre vous, probablement beaucoup moins pour quelques-uns à qui j’ai déjà brièvement expliqué le but de mon séjour ici au Malawi! Parce que non, je ne suis pas ici en tant que touriste! Je travaille à peu près huit heures par jour depuis que j’ai mis le pied dans le pays.

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Pour ceux qui ne le savent pas, j’œuvre dans le secteur de l’eau et de l’hygiène au sein d’une initiative africaine d’Ingénieurs sans frontières, WatSan ( Water and Sanitation). Je m’excuse tout de suite pour les acronymes, il n’y a que ça dans mon milieu de travail!

Pour faire une histoire brève, le Ministère de la santé ainsi que plusieurs acteurs du milieu (ISF, Vision mondiale, Unicef, les districts du Malawi) ont fixé comme objectif il y a deux ans, d’être Open Defecation Free (ODF) d’ici 2015. Cela signifie que tous les habitants du Malawi doivent avoir accès à une toilette à côté de leur habitation (et qu’ils l’utilisent)! Je ne vous apprends rien en vous disant que lorsque les gens font leurs besoins solides dans le champ ou sur leur propre terrain, cela favorise la propagation de toutes sortes de maladies.

Cela mène donc au but de mon stage qui est de mettre en place un processus de vérification pour guider les villages du district de Mzimba North vers le statut ODF. Je travaille en étroite collaboration avec un hôpital du district pour pouvoir observer les différents défis quotidiens de ceux qui effectuent ces vérifications. Les gens avec qui je travaille dans l’hôpital de Mtwalo ont montré beaucoup de volontés à ce que les villages de leur secteur deviennent ODF. C’est l’une des raisons pour laquelle que la «période de test» se fera ici avant que le processus de vérification soit étendue à l’ensemble du district ou du pays.

Je vous reviens dans quelques jours avec des photos de ma nouvelle maison! En attendant, voilà celle-ci! J’ai osé montré à quelques enfants comment fonctionne un appareil photo. Ma carte mémoire est pleine maintenant…

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Mon premier contact avec le Malawi

Je suis finalement arrivé à Lilongwe après environ 24 heures de vol et d’attente dans les aéroports. Aussitôt descendu de l’avion, un homme avec un long sarrau blanc (probablement un médecin) vérifiait les certificats de vaccination de fièvre jaune des personnes qui entraient au Malawi. Si jamais je ne l’avais pas eu, je suis certain que j’aurais eu à remonter dans l’avion et quitter le pays aussitôt. Ce papier est prioritaire, presque plus que le passeport!

Je vais rester à Lilongwe encore quelques jours avant de prendre la route vers Mzimba North, le district dans lequel je vais travailler cet automne. Mes collègues de WATSAN me donnent actuellement une formation autant sur le sujet de mon stage que sur les mesures de sécurité à prendre dans le pays.

À ma deuxième journée, j’ai réalisé un défi que presque tous les JFs font à leur entrée dans le pays, une «scarvenger hunt». Ma coach m’a donné une liste de trucs à acheter et à trouver dans le quartier tels que par exemple : un traitement contre la Malaria, un cadenas, des vêtements propres pour travailler, des tomates etc.

La plupart des trucs sur ma liste peuvent se trouver au marché. En fait, presque tout peut se trouver là-bas. Il est possible d’y acheter de la nourriture, des vêtements, des ordinateurs tout démontés, des téléphones etc.

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J’ai même observé des sorciers qui vendaient toute sorte de produits naturels ayant supposément différents effets sur le corps, allant de la guérison de maladies, à l’augmentation de la masse musculaire, jusqu’à l’augmentation de performance au soccer. Assez comique! Ceux-ci étaient installés le long d’un ruisseau qui sépare le marché en deux. Auparavant, il n’existait aucun moyen de traverser rapidement pour aller voir les commerçants sur l’autre rive, alors certains individus ont pris l’initiative de construire des ponts pour permettre le passage moyennant des frais de 20 kwacha, soit à peu près rien en dollars canadien. Je ne crois jamais avoir marché sur un pont aussi «sketch». Il ne suffit que de ne jamais mettre les deux pieds sur la même planche en même temps et tout devrait bien aller!

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À la fin de la journée, j’ai tenté de m’asseoir dans le coin d’une place publique pour écrire un peu. En cinq minutes, il y a au moins cinq personnes qui sont venus me parler pour me vendre des cartes postales, me réciter un poème ou juste apprendre à me connaître. Impossible d’écrire! Je dois dire que c’est assez bizarre de faire parti de la minorité visible. Les jeunes enfants me regardent comme si j’étais venu d’une autre planète.

C’est un départ!

Voilà, ça y est! Après un an d’attente, mon stage avec Ingénieurs sans frontières débute dans les prochains jours. Dans quelques heures, je m’envolerai pour Lilongwe, capitale du Malawi.

Cet automne, j’ai décidé d’écrire un blog, d’abord parce que j’en avais envie, mais aussi pour pouvoir partager avec mes amis, ma famille et tout ceux qui souhaitent me lire mes anecdotes de séjour dans un pays totalement différent du nôtre. N’ayez crainte, il risque d’y en avoir beaucoup à raconter!

Je vais écrire ici des articles courts, plus longs, parfois drôles, d’autres plus sérieux, sur des sujets diversifiés et les plus intéressants que possible! (je l’espère bien)

Ce blog, je l’espère, représentera pour vous une porte ouverte vers l’Afrique et pour moi, une fenêtre vers le Québec qui m’aidera assurément à passer à travers ces quatres prochains mois!

Je vous souhaite à tous un bel automne!

Malawi - Carte