Une journée typique

Voilà donc un article pour ceux qui ont envie de connaître un peu plus à quoi ressemble une journée quotidienne en Asie, en tant que voyageur à petit budget ! Afin de vous faire réaliser qu’une journée à l’autre bout du globe est réellement différente d’une journée au Québec, nous vous ferons part de plusieurs petits détails, peut-être anodins, mais qui s’avèrent faire toute la différence au final ! Voilà donc une journée typique, qui ressemble beaucoup à toutes les fois où on arrive dans un nouvel endroit…

On vous raconte l’histoire d’une journée …

Voilà, le cadran sonne… il n’est pas trop tôt, seulement 8h30, mais disons que ça fait un bon petit bout qu’on ne dormait plus. Ici, c’est plutôt le bruit des motos et leurs klaxons qui nous réveillent, lorsque la ville s’anime et commence à grouiller vers 5h30. On se tortille un peu, le dos sensible, ne s’étant pas encore habitué au type de matelas en Asie. Ils sont plutôt durs, mais j’imagine qu’on finira par s’y faire. Au moins, on a parfois l’air conditionné ! Si ce n’est pas le matelas, c’est la chaleur qui vient nous déranger dans notre sommeil. Des températures dans les alentours de 30 à 40 degrés constamment, sans parler de l’humidité ! On dirait que la nuit ici ne sert pas à grand-chose pour tuer la chaleur. L’air conditionné est donc un petit luxe et on oublie vite notre légère douleur au bas de dos. Et quand on a ni un ni l’autre et bien on se rappelle qu’on se réveille chaque matin dans un pays d’Asie du Sud-est. Voilà un bon truc pour bien commencer la journée.

Comme d’habitude, P-A se lève en premier et Maude tente encore de lutter contre le sommeil, enroulée dans les couvertures.Direction salle de bain en urgence ! Les toilettes… il faut en parler ! Heureusement, dans nos guesthouses, les fameuses toilettes turques n’existent pas. Mais ici, même une toilette ordinaire nous réserve une surprise. Non, ce n’est pas le fait qu’il faut mettre son papier dans la poubelle ! C’est plutôt le fusil à eau à notre disposition pour se nettoyer après, sans avoir à utiliser de papier. Honnêtement, cela a pris un certain temps avant que l’on comprenne à quoi pouvait bien servir ce fusil. Bref, il est pratique dans les endroits publics lorsque le papier de toilette est inexistant, mais demeure toujours aussi « frisquet » le matin !

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P-A prépare le café dans la chambre, avec la superbe mini bouilloire que l’on s’est procurée au coût de 5 $ ! Petite aubaine qui a changé notre voyage, on se réveille maintenant ( plutôt Maude ) à l’odeur du café. Petite note : ici le café sent drôlement le chocolat, à un tel point que lorsque nous l’avons acheté, nous croyions nous être trompés avec du chocolat chaud en poudre. Tous les matins, on se concocte un déjeuner de chef, avec du pain et des fruits que l’on s’est achetés le soir d’avant. Les fruits sont tout simplement délicieux et tellement frais ! Ce n’est pas compliqué, ici les melons coûtent moins cher que les pommes dans le présentoir! On peut se procurer des mangues, des fruits du dragon, un Kilo de litchis pour seulement 3 $… Je vous laisse imaginer la même facture au Québec ! Bref, on en profite en masse !

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Il n’est pas bien tard que l’on est déjà prêt pour partir à la découverte, à pied ou à vélo. Le camelback est rempli d’eau, on a l’appareil photo et P-A s’est déjà étendu exagérément de la crème solaire partout où ses vêtements ne lui couvrent pas la peau. C’est comprenable, car honnêtement, il ne suffit parfois que de 15 minutes pour attraper un énorme coup de soleil ! Un bon truc : on évite les camisoles et les shorts trop courtes, car le soleil est trop fort, mais aussi question de respecter la culture locale.

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Sortir de notre chambre est comme un spectacle à chaque fois. Premièrement, les paysages sont toujours majestueux, garnis de cocotiers, d’arbres fruitiers de toutes sortes, de plante grimpante, de bananier à tous les coins de rue, etc. À cette végétation viennent aussi s’ajouter toutes les rizières qui entourent les villes, ces champs carrément inondés, d’un vert lime si vif qu’on se demande si un jour ces plants de riz sécheront vraiment. Bref, c’est la forêt tropicale, mais la jungle sur la route ahahah ! Il y a énormément de vie sur les routes et il est presque impossible de contempler un paysage sur le bord DUCHEMIN, sans au moins une fois se faire klaxonner. D’ailleurs, à ce sujet… ici on ne klaxonne pas parce qu’on est enragé après quelqu’un et au contraire ! On n’ose pas imaginer les routes de l’Asie sans le klaxon. C’est un élément primordial de chaque voiture et moto, car il permet de communiquer avec les autres et sans lui, ce serait le chaos. Par exemple, ça peut vouloir dire « bonjour », « attention je te dépasse », « range-toi un peu plus sur le côté sinon je vais t’accrocher » et aussi « regarde ! J’ai un touriste sur ma moto! ». Alors, ici, pas besoin de lumières aux intersections ; on utilise le klaxon. Sinon, traverser la rue s’avère aussi tout un défi, quand on ne sait pas comment s’y prendre. Parce que oui, ça vient avec le temps ! Au début, disons qu’on attendait qu’il n’y ait plus de trafic avant de traverser, mais parfois… il n’y a jamais d’opportunité. On doit donc se lancer, sans avoir peur… ou suivre les locaux ! Le but est de constamment avancer, afin que les chauffeurs puissent anticiper nos mouvements et par le fait même, nous contourner. La pire erreur est d’arrêter brusquement si une moto fonce droit vers vous. Voilà donc notre apprentissage des deux derniers mois sur comment traverser une rue en Asie ! On s’est d’ailleurs filmés en traversant la rue, vous pourrez donc constater par vous-mêmes à quel point c’est… différent ?

Le matin, il nous arrive souvent de commencer par aller mener notre poche de vêtements sales dans une buanderie. Le service est assez incroyable et gênant tellement il n’en coûte pas cher ! Pour 3 $, une femme lave, sèche, repasse et plie nos vêtements en l’espace d’une seule journée. Cette méthode peut paraître légèrement condescendante, mais l’échange ce fait dans le respect de part et d’autre. D’autant plus que cela est une pratique entre les locaux eux-mêmes.

Sinon, les principales missions de la journée sont souvent de trouver le marché central, puisqu’il est toujours aussi fascinant de se promener au travers des innombrables kiosques et aussi de se trouver quelque chose de bon à se mettre sous la dent.

Pendant qu’on est à la recherche d’un marché, on découvre le rythme de vie de la ville. Tout fourmille autour de nous, il ne suffit que d’être attentif aux détails. Les vendeurs de nourriture sont de bons exemples. Il est toujours intéressant de voir leur présence incessante et leur ingéniosité. Parfois, ils ont carrément leur « business » d’intégrer à leur moto ou à leur vélo. Ces « entrepreneurs » avancent tranquillement dans les rues, et ce, toujours avec un son de cloche pour s’annoncer et se faire reconnaître par les locaux. Ils vendent des blés d’Inde, des fruits, des sandwichs, des soupes et même des sautés de légumes cuits au wok. On trouve de tout et ce sont souvent les meilleurs plats à petits prix. Les odeurs qui s’en dégagent sont également agréables à humer ou parfois surprenantes… On peut reconnaître les saveurs du BBQ, de friture, de soupe ou de pâté de porc sucré… ou on renifle l’odeur de la viande crue au soleil, d’ordures sur le bord de la rue ou de poisson pourri… Parfois, on rencontre même des kiosques dont les vapeurs échappées par la cuisson de leurs plats nous font tousser tellement ils sont piquants. Une simple marche de 100 mètres nous en fait généralement voir et sentir de toutes les couleurs !

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DSCN7971Le marché central enfin trouvé, il ne reste plus qu’à se lancer dans les petits sentiers beaucoup trop étroits pour le nombre de gens qui y circulent. Ici, le mot d’ordre est l’abondance. Les vendeurs ont littéralement des montagnes de fruits, offrant toujours une diversité incroyable. Les légumes sont toujours la partie amusante, car la plupart nous sont inconnus. Par exemple, reconnaître un minimum de cinq légumes s’avère parfois un défi impossible à relever. Les kiosques sont aussi remplis d’herbes fraîches, tel l’anis, puisque la plupart des plats asiatiques sont accompagnés d’herbes fraîches pour assaisonner les plats et donner du goût au riz blanc. On pourrait comparer l’utilisation des herbes… au Ketchup pour nous, ahahah ! Pas besoin de vous préciser qui gagne le concours de la meilleure santé et du goût. Pour notre part, on en profite toujours pour s’acheter plusieurs variétés d’herbes, afin de se faire de bonnes tisanes maison rendu à notre guesthouse. Oui oui… on est rendu ultra zen ! Les marchés sont aussi les bons endroits pour nous sortir de notre zone de confort côté nourriture. Par exemple, on y trouve souvent des comptoirs où l’on vend des larves, des énormes coquerelles, des grillons… bref des insectes ! À nous de décider si l’on goûte, mais depuis notre expérience des fourmis rouges, disons que nous avons eu notre dose d’insectes et que nous aimons mieux nous tourner vers les vendeurs de soupes ! Les soupes sont d’ailleurs omniprésentes en Asie. Même si la température est écrasante et qu’elles sont bouillantes, les soupes sont tellement délicieuses et nourrissantes qu’elles s’avèrent souvent le meilleur choix pour un bon dîner.

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Puis peu importe ce qu’on achète, le principal défi se trouve continuellement au niveau de la langue. Faute de se comprendre, lorsque l’anglais s’avère inutile, on utilise le fameux langage des signes pour régler une facture. Honnêtement, il est extrêmement difficile d’apprendre simplement quelques mots dans une langue monosyllabique. Il faut d’abord mémoriser un mot, qui en passant n’a aucun sens pour nous vu la différence de la langue, puis essayer de trouver le bon ton pour se faire comprendre… Pour votre information, un mot peut vouloir dire six choses différentes dépendamment du ton que l’on utilise. Pas toujours évident, mais avec la pratique on finit par réussir ou faire rire les locaux avec notre accent de débutant.

Après s’être promené au marché, puis avoir goûté à toutes sortes de nouvelles saveurs, on se dirige vers un café improvisé sur… le trottoir ! Des tables et des chaises sont installées le long des rues sous des parasols, afin de servir différents types de breuvages. On n’a qu’à s’installer confortablement, commander un coco, puis continuer d’observer ce qui se passe autour de nous. Lorsque le soleil tape trop fort et qu’on a déjà trop transpiré juste en mangeant une soupe, c’est le moment idéal pour se réfugier dans ces endroits. Bref, on trouve un peu d’ombre et on se rafraîchit aux bruits des moteurs de moto avant de continuer la journée. De toute façon, entre midi et 14h00, c’est l’heure de la sieste, là où tout le monde prend ça relax ! Alors on suit la façon de faire… puis on rentre tranquillement à la « maison ».

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Juste avant souper, c’est souvent le moment idéal pour se laver. Eh oui ! Après avoir sué à grosses goûtes à ne presque rien faire, c’est le temps de sauter dans la douche, qui elle aussi en passant nous réserve de belles surprises parfois. Premièrement, la douche ici n’a pas de rideau ni de porte en vitre pour empêcher l’eau d’éclabousser partout. C’est un simple pommeau de douche accroché au mur. Donc celui qui ne cache pas son papier de toilette avant d’allumer l’eau se fait jouer un bien mauvais tour ! Alors ici, quand on lave sa douche… on lave la salle de bain au grand complet, ahahah ! Sinon, il arrive aussi que la douche nous réserve une deuxième surprise et qu’elle ne dispose pas d’eau chaude. Bien utile lorsque nous n’avons pas d’air conditionné, l’eau froide nous rafraîchit, mais demeure bien désagréable le matin ou lorsqu’il fait froid dans la chambre ! Heureusement, beaucoup de guesthouses sont équipés d’eau chaude, ce qui ne nous sort pas trop de notre zone de confort à ce niveau.

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C’est souvent pour le souper qu’on en profite pour débourser un peu plus pour prendre un bon repas! On se monte un gros « bill » d’au moins 10 $ ou même de 15 $ quand on se sent plus lousse dans notre budget ! ahahah ! Avoir un repas copieux et généreux en Asie ne coûte vraiment pas cher, mais cela ne veut pas dire que ce sera meilleur qu’un repas à 2 $. Voilà pourquoi il faut bien choisir son restaurant ! Souvent, les restaurants plus dispendieux se trouvent sur des rues plus touristiques, logiquement. C’est toujours agréable de prendre un repas plus « américain » de temps en temps, ça fait du bien au moral et ça allège nos petits chocs culturels lorsque nous en avons. Par contre, plus on approche desdites rues, plus on ressent les côtés désagréables du tourisme et la compétition féroce qui s’y trouve. Tous les chauffeurs de moto-taxi ou de Tuk-Tuk nous offrent leurs services avec une insistance démesurée, toutes les agences de massages nous demandent d’entrer et de regarder leurs cartes de services dans la rue, les agences touristiques essaient de nous vendre des tours organisés pour le lendemain et plusieurs serveurs de restaurant viennent nous chercher dans la rue pour nous montrer leur menu, tout en nous tenant le bras et en nous invitant à rejoindre une table à l’intérieur. Il faut donc faire preuve d’une énorme patience, car un simple « non » ne les décourage que très rarement. On nous répond la plupart du temps: « alors peut-être tantôt » ou « demain ». Il faut tout de même préciser qu’il y a des heures et des jours pires que d’autres, mais on doit toujours se préparer mentalement au cas où ! ahahah ! Il faut également toujours garder en tête que si on accepte un service, on s’engage aussi à négocier fermement, car la plupart gonflent exagérément les prix. Bref, on s’embarque à coup sûr dans toute qu’une aventure !

Quand on finit par rejoindre un restaurant intéressant, ce n’est pas parce qu’on est assis dans celui-ci qu’on est pour autant laissé « tranquille ». Les vendeurs de « cossins » sont toujours prêts à nous consacrer un petit cinq minutes pour espérer réussir à nous vendre une bébelle. Malheureusement, ces vendeurs sont souvent des enfants… qui ne vont pas à l’école. On ne doit donc en aucun cas leur donner l’opportunité de gagner leur vie de cette manière en les prenant en pitié, car c’est les encourager à filler droit vers la pauvreté. Pas nécessaire d’expliquer qu’aller à l’école promet un bien meilleur avenir et beaucoup plus certain que de mendier ? Voilà donc tout ce qui nous attend lors d’un souper sur une rue touristique. Après avoir vécu plusieurs expériences dans le genre, nous en sommes vraiment venus à la conclusion que parfois le tourisme, mis à part tous les bons côtés, peut également avoir des effets bien néfastes sur la population locale, comme l’augmentation du nombre d’enfants travailleurs dans les rues.

Puis le soir on rentre de nouveau chez nous en vivant les mêmes histoires… Un touriste à pied a beaucoup trop l’air d’une victime pour un chauffeur de Tuk-tuk ! Comme d’habitude, P-A tend à devenir impatient (malgré qu’on s’échange souvent ce rôle ! ahaha), donc on se dépêche de retrouver notre guesthouse. On passe généralement nos soirées à tenir à jour notre budget, à travailler sur le site web ou à écouter des films en mangeant des Oréo. Sinon, on finit par s’endormir sous le bruit des geckos, ces petits reptiles présents dans tous les bâtiments en Asie et qui chantent comme des oiseaux.

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Puis on se réveille de nouveau, à repartir pour une belle journée…

2 Comments

  1. Wow…..en vous lisant, j’ai eu l’impression d’être avec vous , l’espace de quelques minutes…;)……encore encore de ces beaux résumés de votre quotidien.

  2. Marie-Philipe

    wowwww c’est bin lfun des résumés de même!!!! Et j’ADORE les vidéos, n’hésitez pas à en mettre plus souvent si vous le voulez! xxxxxxxxxxxxxx

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