Se permettre un quotidien à 7000 km de chez soi

Titre d’article probablement pathétique et annonceur de pas grand-chose. Peut-être pas aussi. Je trouve pertinent de partager et d’élaborer cette réflexion.

L’idée est que je me suis surpris, à peine deux semaines après mon arrivée à Tarija, à avoir un quotidien. Le temps de se trouver un appart, de connaître les marchés, de s’approprier l’essentiel pour être fonctionnel et ça y est.

C’est la première fois que je me retrouve dans une telle situation parmi mes voyages des années passées et je suis entièrement satisfait, car c’est en partie ce que je recherchais, une nouvelle forme de challenge. Découvrir une partie de la vie d’un pays à 3125USD/habitant de PIB.

Imaginez-vous sous le 20ième parallèle sud à prendre une marche dans votre ville, saluez des gens que vous connaissez, rendre visite à des amis de différentes allégeances, discuter dans une langue seconde, accepter des différences culturelles majeures, d’autres non.

Pensez à la complexité que peut prendre n’importe quelle action pourtant banale dans notre vrai quotidien.

  • Ici, on ne fait aucune commission le dimanche ni entre 12 :00 et 14 :30 chaque jour, tout est fermé.
  • Ici, on ne trouve pas des appartements sur Internet, on va voir Don Mario, gestionnaire immobilier affranchi qui coute cher de commission pour vous indiquer des adresses.
  • Ici, on fait notre lavage dans un lavabo en ciment avec des rainures et une grosse chaudière.
  • Ici, on paie tout en argent comptant, le plus possible avec des petites coupures. Le guichet automatique, lui, vous donne de très grosse coupure.
  • Ici, c’est la culture du compte-goutte au niveau de la consommation ; l’internet se paie à chaque MB consommé, le cellulaire à la minute et au texto, les vis et les clous se vendent à l’unité à la quincaillerie, on paie 30₵ pour chaque transport en autobus, les familles vont au marché à presque tous les matins pour la nourriture et bien entendu, le coiffeur compte chacun de mes cheveux pour la facturation. Maudit cheveux épais, ça coute cher.
  • Ici, il faut savoir quelle ligne de transport local va où, oubliez les cartes. Pour les horaires de transports interurbains, il faut consulter les départs directement à la station.
  • Ici, les horaires sont imprécis, facultatifs à l’occasion.

Cette complexité (lire référentiels différents) s’accompagne toutefois d’une légèreté, d’une douceur de vivre et d’un rythme différent.

  • Raté un autobus vous rappelle que le prochain passe dans 2 minutes ou 20 minutes et peu importe ; de toute manière, la première aurait pu arrêter 25 minutes au parc d’en face. Le retard est rarement mal perçu.
  • Chaque café matinal dans une ambiance amoureuse est délicieux, il vient de la région d’à côté en plus.
  • Le midi est une véritable pose dans la journée. La ville se paralyse pendant trois heures, les familles se regroupent, les gens sieste, les rues sont vides. Le brouhaha reprend vers 15 :00 et les heures de travail s’étirent jusqu’à 20 :00. Nulle question de lutter fort contre l’état postprandial, il est permis de relaxer.
  • Le dimanche, il y a les matchs de soccer, lieu de prédilection pour s’amasser une gigantesque boulle de feuille de coca dans la joue afin d’être prêt à crier de toutes ses viscères quand l’équipe local score un but.
  • Chaque excursion au marché est une aventure. Une découverte des différents fruits frais qui s’enchaine au fil des semaines, l’abondance et la fraicheur des légumes qui viennent d’autour, le rush d’adrénaline procuré par la vendeuse de poulet qui rend la monnaie de ses mains encore huileuses de salmonelle.
  • Manquez de quelque chose pour la cuisine se traduit souvent en deux coins de rue de marche ; tout est à proximité. Sinon, les resto locaux coût presque moins cher que le faire à la maison.

C’est ainsi que se dessine mon quotidien ; au travers de plaisante découverte et d’inconfort culturel, au fil des sereins paysages parfois trahis par l’omniprésence du bruit et de la pollution, entre un dîner calme et la frénésie des routes et du marché central.

Je crois que c’est en tentant de vivre un quotidien dans une nouvelle place qu’une partie unique du voyage se révèle. Cette déchirure constante entre l’émerveillement et le désillusionnement rend l’expérience unique et appréciable.

Des petites nouvelles pour ceux qui veulent en prendre en même temps ; en parallèle de ce quotidien, je suis mes deux cours à distance activement, fait beaucoup de sport (en altitude !) et passe du temps de qualité avec Maude.

Je comte partir dès la semaine prochaine vers l’Argentine avec Jocelyn et David, deux jack de Sherbrooke. Nous allons découvrir un projet d’éco communauté au pied de la Cordillère des Andes. Ensuite, je pense bien traverser du côté du Chili aller parcourir quelques milliers de kilomètres entre océan et montagnes avant de remonter vers la Bolivie pour aller passer la semaine de mi-stage à Maude avec elle.

Note : Pour une description des photos dans la galerie photo ici-bas, passer votre curseur au dessus du “I” en haut à droite des photos.

Bolivie - Février

[img src=http://www.usherbrooke.ewb.ca/guimonduchemin/wp-content/flagallery/bolivie-fevrier/thumbs/thumbs_dscn0094.jpg]1390Vue de l'avion sur la Cordilière !
[img src=http://www.usherbrooke.ewb.ca/guimonduchemin/wp-content/flagallery/bolivie-fevrier/thumbs/thumbs_dscn0095.jpg]730Des beaux petits "Chancho à la Cruz" !
[img src=http://www.usherbrooke.ewb.ca/guimonduchemin/wp-content/flagallery/bolivie-fevrier/thumbs/thumbs_dscn0098.jpg]600Photo prise de force par la famille d'accueil de Maude.
[img src=http://www.usherbrooke.ewb.ca/guimonduchemin/wp-content/flagallery/bolivie-fevrier/thumbs/thumbs_dscn0101.jpg]490Nos "Grands" chums de 6'8" !
[img src=http://www.usherbrooke.ewb.ca/guimonduchemin/wp-content/flagallery/bolivie-fevrier/thumbs/thumbs_dscn0102.jpg]380Vue de la Ville de Tarija.
[img src=http://www.usherbrooke.ewb.ca/guimonduchemin/wp-content/flagallery/bolivie-fevrier/thumbs/thumbs_dscn0105.jpg]410Un de ces BBQ délicieux du dimanche, jour sacré.
[img src=http://www.usherbrooke.ewb.ca/guimonduchemin/wp-content/flagallery/bolivie-fevrier/thumbs/thumbs_dscn0121.jpg]440Les belles Chapacas prêtes pour la fête de Comadre !
[img src=http://www.usherbrooke.ewb.ca/guimonduchemin/wp-content/flagallery/bolivie-fevrier/thumbs/thumbs_dscn0152.jpg]550Après la dure guerre de deux Gringos contre 125 000 Potosiens enragés.
[img src=http://www.usherbrooke.ewb.ca/guimonduchemin/wp-content/flagallery/bolivie-fevrier/thumbs/thumbs_dscn0159.jpg]450La fameuse feuille de Coca infusée à + de 4000 m au dessus des mers. Utile pour combattre le mal de l'altitude, apaisé la faim et donné de l'énergie.
[img src=http://www.usherbrooke.ewb.ca/guimonduchemin/wp-content/flagallery/bolivie-fevrier/thumbs/thumbs_dscn0164.jpg]400Le Cerro Rico
Le Cerro Rico, triste symbole de la barbare Colonisation Espagnol. Une statistique stupide indique qu'il y a eu tellement d'argent extrait de cette montagne qu'il aurait été possible de construire un pont entre Potosi et Madrid.
[img src=http://www.usherbrooke.ewb.ca/guimonduchemin/wp-content/flagallery/bolivie-fevrier/thumbs/thumbs_dscn0168.jpg]400La Flecha Sur.
Parfois les compagnies choissisent des noms pas très représentatif, cette fois je vous promet que c'était représentatif. Après une crevaison, remplaçée par un pneu plus lisse que la peau de mes fesses à 3 mois et demi, notre chauffeur en a profité pour gagner le temps perdu en dévalant des pentes raides à 130 km/h et pognant des curves "su'un criss de temps". Le tout suivi d'une écoeurantite et d'un mini choc culturel face à l'irresponsabilité des chauffeurs de F1.
[img src=http://www.usherbrooke.ewb.ca/guimonduchemin/wp-content/flagallery/bolivie-fevrier/thumbs/thumbs_dscn0177.jpg]390Un beau paysage pour apaiser le mal de coeur sur la route, malgré deux gravols.
[img src=http://www.usherbrooke.ewb.ca/guimonduchemin/wp-content/flagallery/bolivie-fevrier/thumbs/thumbs_dscn0193.jpg]460Carnaval de Tarija !
On Carnaval ou on Carnaval pas. Maudit qu'il est beau le gars à gauche entre les deux femmes.
[img src=http://www.usherbrooke.ewb.ca/guimonduchemin/wp-content/flagallery/bolivie-fevrier/thumbs/thumbs_dscn0198.jpg]360Carnaval de Tarija !
Des déguisement assez extravagants.
[img src=http://www.usherbrooke.ewb.ca/guimonduchemin/wp-content/flagallery/bolivie-fevrier/thumbs/thumbs_dscn0211.jpg]360Une belle petite chute pour passer l'après-midi à patauger.
[img src=http://www.usherbrooke.ewb.ca/guimonduchemin/wp-content/flagallery/bolivie-fevrier/thumbs/thumbs_dscn0228.jpg]470La gang de chum sur notre patio pour se faire un Parillada !
[img src=http://www.usherbrooke.ewb.ca/guimonduchemin/wp-content/flagallery/bolivie-fevrier/thumbs/thumbs_dscn0232.jpg]530La photo de famille de 2016.

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