Dis-moi ce que tu manges et je te dirai qu’il n’y en a plus

Si vous êtes de ceux qui voyagent à travers le monde pour la gastronomie, vous serez terriblement déçus. La Zambie est tout sauf le paradis du tourisme culinaire.

Si vous souhaitez rester dans votre zone de confort, restez à la maison. Cette chère zone de confort. Parlons-en. Elle prendre constamment de l’expansion. Parfois c’est même avantageux de ne pas avoir l’électricité. On ne voit pas trop ce qu’on mange.

Vous trouverez bien des restaurants «comme chez nous» si vous êtes en ville. Il y a moyen de survivre comme touriste. Toutefois, c’est plus cher et ça n’a absolument rien à voir avec mon régime alimentaire.

Tea is ready. Tous les matins, j’attends patiemment qu’une femme vienne s’agenouiller me donner le fameux signal m’indiquant que le déjeuner est prêt.

Tea and scones. Et là on se calme les scones, c’est juste du pain blanc. Petit pain blanc serait plus approprié. Sucre et lait dans le thé en bon ex-colonisés. Non merci pour moi. On pense que j’ai un grain parce que je bois mon thé noir. Et à la longue on s’écœure du pain blanc, j’ai investi un gros  20 000 dans un immense pot de beurre d’arachide.

Je la vois qui arrive, je sais ce qu’elle va me dire, elle s’approche, s’agenouille et BAM : Lunch is ready.

Nshima : Le cœur de mon alimentation. Comme tout Zambien qui se respecte : j’en mange deux fois par jour et c’est ça qui me rend fort! Essentiellement de la farine de maïs ajoutée à de l’eau bouillante. Vous obtenez une pâte collante. Served with 2 relishes: meat and vegetable.

Relish : Synonyme d’accompagnement.

Meat : Bœuf, poulet ou poisson. J’ai mangé une seule fois du porc. Ah on m’a servi des œufs une fois. Mais comme 3e accompagnement. Le tout dans une précieuse sauce. Dans les restaurants vous pouvez trouver du nshima with sausage.

Vegetable : Chou, tomates, oignons. J’ai eu des haricots rouges une fois.

Comment s’y prendre?

Il y a un pichet d’eau et un bol. Ton partenaire te verse de l’eau pendant que tu te laves les mains.

On mange avec sa main droite. Attention, le nshima c’est chaud. Faire une boulette de nshima au creux de sa main, la tremper dans la sauce, prendre quelques légumes au passage et vous avec réussi. La main gauche est tolérée seulement pour tenir un os comme une aile de poulet.

Le bœuf et le poulet sont des valeurs sûres. Il y a deux types de poulet. Le village chicken, qui vient du village, et le normal chicken qui provient de l’élevage.

Le poisson c’est du 50/50. Vous apprécierez le big fish pour son rapport chaire/arrêtes alors que vous apprécierez le small fish grâce aux piments peri-peri qui masquent le goût.

Une fois le repas terminé, on se lave les mains tous ensemble.

Un peu plus tard, je la vois qui rapplique. All protocol observed? Yes. Supper is ready.

What do you have?

J’ai cessé il y a un moment de commander ce que j’avais envie de manger au restaurant. Même si c’est sur le menu.

  • I would like to have nshima with village chicken. Please.
  • We don’t have village chicken.
  • Then nshima with normal chicken.
  • We don’t have chicken.
  • Then nshima with sausage.
  • We don’t have sausage.
  • Then what do you have?
  • We have beef.
  • No fish?
  • No fish.
  • Then I’ll have nshima with beef.
  • With cabbage?
  • Which relish do you have?
  • We have cabbage.
  • Then yes. I’ll have cabbage.
  • Anything to drink, sir?
  • What do you have?

Coffee is ready.

À l’hôtel où on «oubliait» de me donner ma monnaie. J’arrive vers 10 heures. Je commande un café. Je m’en fous combien ça va me coûter, j’économise depuis un mois pour me payer un vrai café. On me suggère de confirmer avec le serveur que j’ai bien commandé un café-filtre. Pas du café instantané. Je rappelle le serveur. Je le regarde dans les yeux. Je confirme. Il confirme. On m’apporte du café instantané quand même. Le bon côté c’est que j’ai passé l’après-midi à travailler (dont écrire pour le blogue) au bar de cet hôtel en buvant un gin tonic au rythme de Barry White.

Bonus :

Sachez que je vous évite les passages sur la fois où j’ai mangé de l’estomac et l’autre sur le pénis de bœuf en vente à la boucherie.

On mange les oranges vertes. J’ai vu au moins 3 variétés de bananes.

Une seule fois j’ai mangé du riz. J’utilisais une fourchette alors je ne me suis pas lavé les mains après le repas. MAIS, j’avais ajouté du piment. J’ai eu la brillante idée d’aller aux toilettes. J’étais en feu.

Tu ne sais pas quoi faire de tes crédits Skype? Appelle en Zambie!

Entre 2h-17h, heure du Québec : +2600976944975

2 thoughts on “Dis-moi ce que tu manges et je te dirai qu’il n’y en a plus

  1. Guillaume m’a conseillé ton blog hier et je viens de finir de le lire. Tu fais de l’excellent travail, tu es courageux! Au plaisir de te lire,

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