Transports level : Zambia

Aujourd’hui, au programme:

–          Comment développer sa tolérance au changement

–          Comment renforcer sa résistance à l’inconfort

–          Comment cultiver sa patience

–          L’importance de dédramatiser

–          Placement de produits plein-air

La devise du Québec : «Je me souviens».

Je me souviens vous avoir promis de vous raconter ce qui occupe mes journées. Vous êtes curieux et vous trépignez à l’idée d’en apprendre plus sur mon travail. Fantastique. Occasion rêvée, de choix dirais-je même plus, pour vous exercer à la vertu.

Les transports. Sacrés transports. Je souhaitais candidement ne plus aborder le sujet. Fol suis-je. Un peu comme se fermer les yeux en se disant : «J’ai terminé mon assiette. Nous vaincrons la famine en Afrique!»

Je suis de bonne humeur aujourd’hui.

Les satanés transports donc. (Aviez-vous remarqué satan dans satané?)

Je pars quelques jours pour Solwezi. Une journée d’autobus en perspective. Mercredi je dois renouveler mon visa. Jeudi, travail au bureau de Rent-to-Own. Vendredi, possiblement une visite guidée dans les mines par un ancien d’ISF qui y travaille. Samedi, aller-retour vers Ndola pour assister au match de foot Ghana-Zambie. LE moment à ne pas manquer. Plein d’articles en vue!

C’est mardi.

Quête principale : Arriver à Solwezi.

Quête secondaire : Rencontrer un agent de Rent-to-Own à Mufumbue. Collecter des millions.

Il y a deux bus qui passent à Manyinga vers Solwezi. D’abord le minibus de qualité fluctuante et ensuite Jitotwe. «Je me souviens» de Jitotwe lecteurs? Un vrai autobus voyageur.

Concept : Sauter dans le minibus. Débarquer à Mufumbue. Trouver l’agent. Collecter l’argent. Retourner à l’aire d’attente. Hop, embarquer avec Jitotwe et le tour est joué.

Hahahaha. Moi qui pensais encore que lorsqu’on prévoit quelque chose, il faut s’attendre à ce que tout fonctionne comme prévu. Naïveté.

Debout à 6h45 pour préparer les bagages. Déjeuner. Article sur ma nutrition à venir.  Bref arrêt au marché, saluer des amis, recevoir des biscuits, un fanta et un yogourt. Direction aire d’attente. 8h15. Il faut partir le plus tôt possible. 9h00. Attente. 10h00. Sudoku. 11h00. Je m’améliore sérieusement au sudoku. 11h45. Minibus! S’il n’était pas là à midi, j’attendais Jitotwe pour être certain d’arriver à destination.

Signe envoyé par la Providence. Pourquoi n’ai-je pas saisis aussitôt. Au départ de Manyinga, on se fait klaxonner par un camion. J’ai mis très peu de temps à comprendre que notre conduite était dangereuse. Le volant était bloqué vers la droite et non seulement nous roulions en sens inverse, mais nous nous dirigions dans les buissons. Problème résolu grâce à la force brute. Frapper et donner des coups sur le volant.

Quelques heures passent. Merci à mon ami Energizer (Denis, qui possède un magasin au marché, avec qui je joue aux échecs et qui veut s’enrôler dans l’armée zambienne pour devenir médecin) pour les biscuits.  J’arrive à Mufumbue.

Considérant que je n’ai aucune idée de l’endroit où habite l’agent, je me considère privilégié par les Dieux d’avoir rencontré Ernest. En plus de travailler pour la prison locale et en plus de se dire intéressé par l’achat d’équipement afin d’offrir un emploi à ses prisonniers au lieu d’un retour à la case départ, il me guide jusque chez l’agent en question.

Ce dernier, victime d’une situation géographique lointaine n’offrant pas de réseau, est impossible à joindre. Sa fille nous affirme qu’il travaille à la ferme. Quête secondaire en suspens.

Alors que mon aventure Mufumbue-enne s’achève, j’ai le temps de regagner l’aire d’arrêt avant que le minibus reparte. Faut admettre que cet épisode a duré 15 minutes au maximum.

Je m’assieds dans le minibus et paye pour la suite du trajet. Fierté intérieure d’avoir été assez efficace pour être assis sur le même siège. Erreur monumentale.

Deuxième signe envoyé par la Providence. L’autobus Jitotwe arrive à Mufumbue au moment exact où nous quittons. Si seulement le chauffeur du minibus ne m’avait pas attendu. Trop tard. Nous sommes repartis.

16h30. Beau milieu de nulle part. Autre situation géographique lointaine n’offrant pas de réseau. Le minibus s’arrête. Le chauffeur et le conducteur («Je me souviens» Ce sont deux personnes différentes.) effectuent des réparations.

Je comprends maintenant pourquoi tout le monde conduit des voitures manuelles. C’est possible de les démarrer en poussant. Si seulement vous saviez le nombre de fois où j’ai poussé des voitures depuis le dernier mois. Hier, c’était un autobus. Le même à plusieurs reprises. Sur le bord de l’autoroute.

Connaissez-vous le jeu «Mille bornes»?

Après maintes réparations et poussées, c’est la panne d’essence. Difficile à réparer.

Que voulez-vous? Nous attendons. Patiemment. Je vois le fameux Jitotwe passer.

Un camion s’arrête. Dieu soit loué. Chacun des passagers voit en le camion son salut. Certains plus que d’autres. Notre conducteur achète de l’essence alors que les traîtres prennent leurs bagages et embarquent à bord du camion.

Vous comprenez que je ne pouvais pas me sauver. D’abord parce que si quelqu’un avait le droit de partir en premier ce sont bien les femmes et les enfants. Ensuite parce que je ne voulais pas être le Blanc qui s’estime trop bien pour continuer en minibus.

17h30. Nouveau départ.

19h30. Nuit. Autoroute non éclairée. Problème technique. Arrêt du minibus.

*Publicité plein-air*

Grâce à ma lampe de poche qui est aussi un briquet, en vente au marché pour 3000 kwacha (60 sous), j’ai permis au conducteur de s’allumer une cigarette tout en cherchant ses outils.

Grâce à ma lampe D-Light, rechargeable à l’énergie solaire, 4 heures d’autonomie, j’ai permis au chauffeur d’effectuer des réparations en toute tranquillité sous le minibus. En vente chez Rent-to-Own.

*Retour au programme principal*

J’étais relativement en sécurité. J’ai réussi à joindre par téléphone Brian, mon superviseur. Il m’a gracieusement offert 15 minutes. Si je ne l’appelais pas pour lui dire que l’autobus était en route, il venait me chercher avec une voiture. Deux heures de route. Nous sommes repartis en seulement 10 minutes.

Sain et sauf. Je suis arrivé à Solwezi. Brian est venu me chercher à la gare d’autobus en compagnie de Mandy, la Canadienne qui travaille comme enseignante pour les mines. Chez qui on passera la nuit.

J’ai mis le pied dan la voiture et on m’a offert une bière. Ils m’avaient même apporté un burger acheté au restaurant du club de golf. Eau chaude et pression dans la douche. J’ai bien dormi.

Toujours pas vu de les zèbres.

Bonus :

J’aime la poésie.

Depuis que je bois du yogourt, je suis en santé.

Chipolopolo a perdu contre le Soudan. 2-0.

Les nouvelles photos sur le blog sont de moi.

Je me suis bien levé à 5h00 pour aller courir. Merci à Fuli mon frère/ami/garde du corps.  J’ai même survécu. 45 minutes.

Ne sous-estimez pas l’effort requis pour courir sur le sable.

Si tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, mon prochain article vous présentera mon stage.

One thought on “Transports level : Zambia

  1. hahaha j’adore la facon que tu as ecrit cet article gab le fait que tout ce qui se passe c’est comme un RPG avec des quetes c’est hilarant. Alors c’est vrai ce qu’on dit En Afrique le pire arrive tout le temps hahaha. Par contre Gab as tu vu des machetes et est-ce qu’ils t’ont pose la question ultime?

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