Pré-pré-départ

Things just got serious.

Je suis dans le train en direction de Toronto où je passerai une semaine de predep. Formation de pré-départ. Beaucoup de termes utilisés sont en anglais puisque Ingénieurs sans frontières (ISF) / Engineers Without Borders (EWB) est une organisation bilingue. nous aborderons le bilinguisme à un autre moment si ça vous intéresse.

Je choisis d’aborder le thème du départ dans ce billet.

Brainstorm: quitter, partir, adieu, au revoir, bye, billet d’avion, billet de train, pleurs, famille, amis, amours, temps, long, Skype, décalage horaire, déni, acceptation, refus, hâte, peur, stress, questionnement, objectifs

Cela fait tout de même un certain temps que je sais que je devrai quitter Serbrooke pour Montréal, quitter Montréal pour Toronto, quitter Toronto pour la Zambie, quitter la Zambie pour Toronto, quitter Toronto pour Montréal, quitter Montréal pour Sherbrooke et revenir à la case départ.

Lorsqu’on m’a annoncé que j’avais été sélectionné pour le stage en octobre ou novembre, j’ai demandé d’avoir 24h pour réfléchir à ma réponse. Évidemment, vous n’êtes pas sans savoir que j’ai accepté puisque me voilà en train de vous écrire. L’évidence même. Cependant, en acceptant l’offre, on accepte aussi tout une gamme d’étapes à traverser. Les premiers mois se déroulent assez bien.

Ensuite, début janvier, a lieu la conférence nationale (CN) d’Ingénieurs sans frontières. C’est l’opportunité de rencontrer des membres d’ISF de partout au Canada, mais surtout de rencontrer les heureux élus qui partiront en Afrique l’été prochain. Dans le vocabulaire ISF, on les appelle JF (Junior Fellow). Pendant le séjour à la CN, on assite à des conférences, participe à des ateliers, rencontre des gens faisant partie des différentes équipes en Afrique ainsi que des responsables. Tous les membres de la section (Chapter) ISF-Sherbrooke participent à la CN. Du bon temps à l’hôtel et des soirées en ville sont au rendez-vous. On y rencontre aussi les RJF (Returned JF), ceux qui sont de retour. Le titre dont on m’adoubera le 31 août lorsque je serai de retour à Montréal. La CN représente aussi le bon moment pour socialiser avec les APS (African Program Staff) pour se faire une idée des stages. Cette année, la CN a eu lieu dans notre capitale nationale (du Canada) et aura lieu l’an prochain à Calgary.

Vient un moment où cela devient de plus en plus agaçant, après cette fameuse CN, de se faire demander où on partira et ce qu’on fera l’été prochain. Je ne peux certainement pas reprocher à qui que ce soit de s’informer et de prendre des nouvelles. En réalité, nous avons une certaine influence pour ce qui est de l’équipe et du genre de stage. J’utiliserai à partir de maintenant le mot placement pour parler de stage. Autant vous habituer au vocabulaire ISF. Toujours est-il qu’en mars, après avoir envoyé un courriel justifiant mes intérêts pour tel ou tel placement, les JF reçoivent LA confirmation tant attendue.

Je lisais les commentaires des JF sur notre groupe Facebook, tous exhaltés à l’idée de partir au Ghana, en Zambie ou au Malawi. Fidèle à ma chance, je n’avais pas reçu le courriel. J’ai demandé au groupe si j’étais le seul à ne pas avoir obtenu de réponse, pour me faire dire que je partais au Malawi avec BDS. Quelques questionnements plus tard, puisque le programme BDS n’est pas au Malawi, on me transfère la liste pour qu’enfin, officiellement, je sache que mon placement est en Zambie. C’est aussi à travers ces événements que j’ai appris à utiliser convenablement mon adresse courriel d’ISF. Je n’ai jamais éprouvé d’autres difficultés techniques.

Le train vient d’arriver à Kingston.

Je prends par la suite contact avec des membres d’ISF en Zambie. Je participe à une journée de pré-départ avec les JF et RJF du Québec. On y aborde l’impact de notre placement sur l’Afrique, le Canada et soi-même. Tout cela se fait un peu, mais pas trop, en arrière-plan car arrive la fin de session. Entre deux examens, je décide finalement d’acheter mon billet de train pour Toronto, après m’être trouvé des dizaines de prétextes bidons pour ne pas le faire et ne pas me confronter à la réalité. Je passe par-dessus le déni et mes fausses justifications de grève étudiante et de départ annulé à cause d’une future session potentiellement prolongée.

Partir implique aussi de dire au revoir. Arrive aussi un moment où, après avoir mis de l’ordre dans les papiers, après avoir fait adieu à nos collègues, nos amis et notre famille et après avoir souligné ce fameux Grand Départ avec chacun d’eux, ça devient épuisant de stagner. Il faut accepter de partir.

Me voici donc dans le train. J’arriverai, si le tendance se maintient, un peu avant 17h à la gare de Toronto. Direction maison ISF où les JF résident. À partir de 18h30, la préparation débute. Le pré-départ commence. On n’a jamais fini de partir.

G

P.S. Pour ceux et celles qui se demandent pourquoi écrire un blog, voici les raisons.

  1. Ça fait partie de mon engagement face à la section sherbrookoise d’ISF.
  2. Ça fait partie de mes tâches comme JF de partager mon expérience avec le Canada.
  3. Ça évite de jouer au perroquet au retour.
  4. Ça permet de donner des nouvelles à ceux qui sont intéressés.
  5. Ça me permet de garder des souvenirs.

2 thoughts on “Pré-pré-départ

  1. Personnellement, si tu prends le temps d’écrire deux ou trois fois par semaine,
    ça va faire mon bonheur! Fait Miiillllleee attention à toi!

    Fanny =)

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